Gabon : Le PDG célèbre ses 58 ans entre nostalgie, guéguerre interne et leadership en lambeaux
L’heure n’est plus aux fastes grandioses d’antan pour l’ancien parti de masse. Le Parti démocratique gabonais (PDG), ancien parti unique, célèbre aujourd’hui son 58e anniversaire dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville. Loin des grand-messes hégémoniques qui caractérisaient le règne de la famille Bongo, cet événement marque une rentrée politique délicate pour une formation contrainte de se réinventer depuis sa chute brutale du pouvoir en août 2023.
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Autrefois maître absolu de l’échiquier politique national, le parti fondé par Omar Bongo doit désormais composer avec une nouvelle réalité électorale. Relégué au second plan à l’issue des dernières élections législatives et locales, le PDG a opéré une mue stratégique en devenant l’allié des nouvelles autorités de la transition. Il évolue dorénavant dans l’ombre de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), la nouvelle machine politique du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui dicte aujourd’hui le tempo de la vie publique.
Une guerre fratricide pilotée depuis l’exil européen
Cette commémoration se déroule sur fond d’une guerre de leadership acharnée qui menace d’imploser l’ancienne machine électorale. Depuis son exil doré en Europe, l’ancien chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, n’a visiblement pas fait le deuil de son éviction. Se considérant obstinément comme le « Distingué camarade président » (DCP), il rêve de reprendre le contrôle de cet appareil politique qui lui a pourtant massivement tourné le dos aux premières heures du coup de force militaire.
| Statut politique de la formation | Avant août 2023 | Situation politique actuelle |
|---|---|---|
| Positionnement sur l’échiquier | Parti au pouvoir (hégémonique) | Parti allié des nouvelles autorités |
| Poids électoral national | Première force politique incontestée | Seconde force derrière l’UDB |
| Direction et leadership | Contrôle absolu de la famille Bongo | Direction de transition (Blaise Louembe) |
La persistance de cette crise interne a franchi un nouveau cap critique avec la récente mise en demeure initiée par le camp de l’ancien président. Ce dernier exige purement et simplement la démission de l’actuel président du PDG, Blaise Louembe, ainsi que celle de la secrétaire générale, Angélique Ngoma. L’ombre de poursuites judiciaires plane lourdement sur la célébration, Ali Bongo se réservant le droit de saisir les juridictions compétentes si le directoire de Louis ne se plie pas à ses exigences.
La quête de légitimité face à l’aile frondeuse
Sur le terrain, du côté de l’hôtel Nomad d’Akanda, les actuels dirigeants entendent bien faire taire les critiques pour conforter leur ligne politique. Ils devront toutefois composer avec les soutiens fidèles de l’ancien régime, menés par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, dont les revendications pourraient venir troubler la sérénité des militants. Pour le directoire en place, l’enjeu majeur est de démontrer, à l’approche du prochain congrès ordinaire, qu’il bénéficie toujours de l’onction de la base.
Le programme des festivité
C’est dans ce climat particulièrement électrique que les militants sont invités à se rassembler autour du thème choisi pour cette année : « Résilience, reconstruction, renouveau » . Un triptyque qui résume parfaitement le chemin de croix d’une formation en quête de survie politique. À la suite de cet événement dans la province de l’Estuaire, les commémorations se poursuivront dans les différents chefs-lieux de provinces et de départements les 28 et 29 mars prochains, faisant office d’ultime test de mobilisation pour un parti en pleine convalescence.
@info241.com
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