Gabon : Un lycéen de 21 ans jeté en prison après la découverte de cannabis dissimulé en bonbons
La lutte contre la drogue n’est pas de tout repos dans la province du Haut-Ogooué avec l’arrestation d’un jeune élève en plein après-midi. Le 19 février, lors d’une opération de contrôle menée au quartier Franceville-2, situé dans le 2e arrondissement de la commune, les forces de l’ordre ont interpellé Junior Ngandu Nganziani. À seulement 21 ans, cet élève régulièrement inscrit au lycée Eugène-Marcel-Amogho voit son avenir brusquement assombri par cette affaire. La fouille a permis la découverte d’une marchandise illicite soigneusement déguisée : le jeune homme était en possession de 45 bonbons contenant du cannabis.
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Une quantité jugée amplement suffisante par les enquêteurs pour caractériser une détention illicite, voire des faits directement assimilables à du trafic. La procédure judiciaire s’est enclenchée très rapidement à la suite de cette découverte alarmante. Présenté dès le lendemain au procureur de la République, le lycéen a été formellement placé sous mandat de dépôt le 20 février. Selon une source autorisée du tribunal de première instance du Haut-Ogooué, le jeune trafiquant présumé a été écroué à la prison centrale de Franceville, où il a été placé en détention préventive dans l’attente de son jugement.
De très lourdes sanctions pénales face à un fléau persistant
Derrière les barreaux, l’élève a désormais tout le temps de méditer sur la gravité des faits qui lui sont reprochés et sur les lourdes conséquences judiciaires de son acte. Les poursuites engagées à son encontre s’appuient en effet sur les articles 406, 407, 408 et 409 du code pénal gabonais. Ces textes répriment extrêmement sévèrement le transport, la détention, l’offre, la cession, la distribution, la commercialisation, l’acquisition ou encore l’usage illicite de stupéfiants. Pour de tels délits, les peines prévues sont particulièrement lourdes, allant de 15 à 30 ans de réclusion criminelle, assorties d’amendes colossales pouvant varier entre 50 et 500 millions de francs CFA.
La prison de Yéné où séjourne notre dealer présumé
Cette interpellation n’est d’ailleurs pas un acte isolé, mais s’inscrit pleinement dans le cadre des opérations permanentes conduites par l’antenne provinciale de l’office central antidrogue du Haut-Ogooué. Cette unité spécialisée de la police nationale multiplie les descentes et les contrôles sur le terrain afin de freiner la circulation et la consommation de substances prohibées dans la province. Face à l’ingéniosité grandissante des trafiquants, les autorités se montrent intraitables et maintiennent la pression. Selon des sources sécuritaires locales, le rythme des interpellations s’est même intensifié ces derniers mois, avec en moyenne une arrestation hebdomadaire liée à l’usage ou au trafic de drogue.
La prévention à l’épreuve de la précarité et de la pression sociale
Pourtant, les actions de prévention et de sensibilisation ne manquent pas sur le terrain pour tenter d’enrayer ce phénomène. Au début du mois de février, une vaste campagne nationale contre l’usage détourné des médicaments et la consommation de drogue a permis de toucher et d’informer plus de 7 000 apprenants à travers le pays, notamment dans les villes de Franceville et de Moanda. L’objectif affiché par les autorités était clair : prévenir, éduquer et protéger la jeunesse face aux dangers dévastateurs de la toxicomanie. Mais au regard de ces faits récents, le message institutionnel peine encore à produire les effets escomptés sur le public cible.
Au-delà du cas strictement individuel de ce lycéen, cette affaire met en lumière une réalité sociétale particulièrement préoccupante : la progression inquiétante de la drogue chez les jeunes au Gabon. De plus en plus d’élèves et d’étudiants se retrouvent impliqués, parfois comme simples consommateurs, parfois comme maillons d’un trafic plus vaste. Entre la pression sociale, le chômage endémique, la fragilité des cellules familiales et la quête illusoire d’argent facile, nombreux sont ceux qui basculent. Si la répression demeure une nécessité absolue, le combat contre ce fléau qui gangrène le tissu social passe aussi par un renforcement durable de l’éducation, de l’encadrement familial et des perspectives économiques, afin d’éviter que d’autres destins ne s’échouent si tôt dans les couloirs d’une prison.
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