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Victimes collatérales

Réseaux sociaux coupés au Gabon : les opérateurs internet pourraient perdre jusqu’à 60 millions par jour

Réseaux sociaux coupés au Gabon : les opérateurs internet pourraient perdre jusqu’à 60 millions par jour
Réseaux sociaux coupés au Gabon : les opérateurs internet pourraient perdre jusqu’à 60 millions par jour © 2026 D.R./Info241

Voulant frapper le géant américain Meta, ce sont finalement les opérateurs locaux qui risquent de payer le prix fort de ce bras de fer des autorités gabonaises contre ces plateformes. La suspension jusqu’à nouvel ordre de plusieurs réseaux sociaux par la Haute autorité de la communication (HAC) se transforme en véritable gouffre financier pour les entreprises de télécommunications gabonaises. Privées de leur principale locomotive numérique, ces dernières voient leur trafic s’effondrer, menaçant à court terme leurs revenus et leurs investissements.

Moov Africa

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La décision de la HAC de ce 17 février au soir de suspendre l’accès aux réseaux sociaux visait à contraindre ces multinationales au respect de leurs obligations légales au Gabon. Pourtant, à des milliers de kilomètres de la Silicon Valley, les premières victimes économiques sont bel et bien les entreprises locales telles que Moov Africa Gabon Telecom, géant du secteur, Airtel ou CanalBox.

Les victimes collatérales d’une décision institutionnelle

Au Gabon, le modèle économique de l’Internet mobile est ultra-dépendant des réseaux sociaux. Selon les experts du secteur cité ce jeudi par l’AGP, ces plateformes (Facebook, WhatsApp, TikTok, Instagram) représentent à elles seules entre 70 % et 85 % du trafic Internet mobile national.

Les opérateurs locaux en victimes collatérales

Couper cet accès revient donc à assécher brusquement le marché. Les conséquences sur les habitudes des consommateurs ont été immédiates :
- Une chute drastique du trafic : Chez certains opérateurs, la consommation globale de données a plongé de 25 % en moins de 24 heures.
- Le mirage du report d’achat : Lorsqu’un « pass social » (forfait dédié très populaire) devient inutilisable, l’abonné ne bascule pas automatiquement vers un forfait Internet classique, souvent jugé plus onéreux. Il réduit tout simplement et drastiquement sa consommation globale.

Jusqu’à 60 millions de FCFA évaporés chaque jour

Ce coup d’arrêt brutal se chiffre en dizaines de millions de francs CFA perdus au quotidien. La contraction immédiate du volume de données consommées se traduit par des pertes financières estimées entre 15 % et 30 % sur les revenus data quotidiens.

Pour les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet dont les offres sociales constituent le cœur de la stratégie commerciale, l’addition est particulièrement salée. Les professionnels du domaine estiment que le manque à gagner se situe entre 40 et 60 millions de francs CFA par jour de blackout.

Le développement des infrastructures mis en péril

L’ironie de cette situation réside dans ses répercussions à moyen terme pour le développement technologique du pays. Les modèles économiques des opérateurs et FAI sont construits sur des prévisions de croissance continue de la « data ». Une suspension prolongée vient violemment perturber ces projections de rentabilité, avec un risque majeur : le report, voire l’annulation, de certains investissements réseau.

L’amélioration de la couverture et de la qualité de l’Internet au Gabon pourrait donc être sérieusement ralentie.Alors que la HAC n’a toujours pas communiqué de date de levée de cette mesure, l’attente devient intenable pour les opérateurs. En voulant sanctionner les géants du net, les autorités ont touché au portefeuille des acteurs locaux des télécoms. Une situation qui devrait ramener les parties rapidement aux négociations à commencer par les autorités gabonaises qui ne sauraient créer une crise dans la crise.

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