Libreville : Un étudiant poignardé à coups de couteau par un rival forcené pour 500 FCFA
La violence urbaine a franchi un nouveau palier dans l’horreur et l’absurde dans la capitale gabonaise. Le samedi 28 février, en début de soirée, les abords grouillants de la gare routière du PK8 à Libreville ont été le théâtre d’un meurtre sanglant. La victime, Paulin Steeve Nkoume Myame, qui aurait eu 31 ans ce 29 mars, était un étudiant inscrit en 3e année à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) de Libreville, au sein de la filière des professeurs certifiés.
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Originaire du regroupement des villages Koumameyong-Ekarlong, le jeune homme se trouvait sur ce site des départs pour la province de l’Ogooué-Ivindo afin d’y proposer ses services comme chargeur occasionnel. Frappé de plein fouet par la précarité étudiante, exacerbée par le retard ou l’absence de versement des bourses, il enchaînait les petits travaux pour tenter de subvenir aux besoins quotidiens de sa compagne et de sa petite fille.
L’humiliation mortelle d’un chargeur éconduit
Le drame s’est noué de la manière la plus banale qui soit, autour d’une modeste course rémunérée 500 francs CFA. Selon les témoins présents sur place, la situation a dégénéré lorsqu’une passagère en partance pour Makokou (Ogooué-Ivindo) a reconnu l’étudiant et l’a directement sollicité pour installer ses bagages. Un autre chargeur, éconduit par cette même cliente, a perçu ce choix comme une profonde humiliation.
Un visuel d’hommage publié par ses proches depuis hier
Les invectives ont rapidement laissé place à une violente altercation physique. L’agresseur a porté les premiers coups, forçant Paulin Steeve à riposter pour se défendre. Travaillant d’ordinaire avec une énergie et une joie de vivre reconnues de tous, l’étudiant a fini par prendre le dessus sur le chargeur indélicat, avant que des passants n’interviennent pour les séparer. L’incident semblait alors clos.
Une attaque lâche et une vie brisée
C’était sans compter sur la rancune tenace de l’agresseur. Ce dernier s’est éclipsé quelques instants avant de revenir furtivement sur les lieux de la dispute. Profitant d’un moment où la vigilance de la victime était totalement relâchée, il l’a surpris par-derrière, lui assénant de multiples coups de couteau, notamment à l’épaule et au flanc gauche. Avant de prendre la fuite.
L’une de ces blessures s’est avérée irrémédiablement mortelle. Transporté en urgence absolue à l’hôpital militaire du PK9, l’aspirant enseignant a succombé à ses blessures en début de soirée. Sa communauté d’origine a laissé éclater sa douleur face à ce gâchis incommensurable : « La nation perd un futur enseignant pour 500 FCFA. Ce n’est pas seulement un homme qui est mort, c’est la valeur de la vie qui est réduite à 500 FCFA ».
Consternation et double tragédie à l’INJS
Au sein de son établissement, la nouvelle a provoqué une onde de choc, confirmée publiquement le dimanche matin par le bureau directeur de la mutuelle des étudiants. Sur sa page Facebook, la mutuelle estudiantine de l’INJS a fait part de son profond regret, annonçant le décès de l’étudiant du groupe A tout en soulignant la cruauté du calendrier. Ce meurtre insensé coïncide en effet avec la date d’inhumation d’un autre étudiant, Van Mabady, issu de la filière IJ.
Le post de la mutuelle
« Cette douloureuse coïncidence plonge une fois encore notre institution dans une profonde tristesse et une vive consternation », a déclaré la cellule de communication de la mutuelle. Face à cette « double épreuve », où les mots demeurent insuffisants pour exprimer l’ampleur de l’affliction, l’organisation a adressé ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées, espérant que le Tout-Puissant accorde réconfort et courage aux proches. Une communication ultérieure est désormais attendue pour préciser les hommages institutionnels qui seront rendus.
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