Port-Gentil : Fin de course pour deux dealers et leurs 50 bottes de chanvre d’une valeur de 1,6 million
La lutte contre la criminalité liée aux stupéfiants se poursuit activement dans la capitale économique gabonaise. Les agents de l’Office central antidrogue (Ocad) de Port-Gentil ont procédé, le vendredi 24 avril en début d’après-midi, à l’arrestation de deux présumés trafiquants. L’opération décisive s’est déroulée à hauteur du quartier Balise, une zone située à cheval entre le 2e et le 3e arrondissement, permettant de démanteler ce qui s’apparente à un réseau structuré d’écoulement de stupéfiants. Ils ont été écroué ce lundi 27 au pénitencier de la ville.
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Dans les filets des enquêteurs sont tombés Brevia Koumba, un chaudronnier au chômage de 27 ans domicilié au quartier Garage Cissé, et Jacques Moubila Mabounda alias « Claver », un bricoleur de 48 ans. Si le premier est perçu par les limiers de la police comme le principal démarcheur sur le terrain, le second est soupçonné d’être le véritable cerveau de l’organisation. L’interpellation a débuté lorsque le plus jeune a été pris en flagrant délit, en possession d’une « cuisse » (ou pied) de chanvre indien qu’il s’apprêtait à livrer à un client régulier prénommé Junior.
Un mode opératoire rapidement mis à nu par les enquêteurs
Lors de son interrogatoire, le jeune démarcheur n’a pas tardé à détailler les rouages de cette transaction illicite qui a conduit à sa perte. « Mon pote m’a appelé en me disant qu’il avait besoin d’un pied de chanvre. Il m’a fait un dépôt aux environs de midi de 30 000 FCFA que je suis allé retirer. Et dans cette somme j’ai enlevé 5 000 FCFA et le reste je l’ai présenté au grand », a relaté Brevia Koumba. La somme en main, son acolyte s’était hâté de lui remettre la marchandise, sans se douter que les agents de l’Ocad filaient déjà le livreur.
Une vue du butin des deux mis en cause
Face à l’évidence, le jeune homme a exprimé de vifs remords quant à son implication dans ce réseau. « Quand je vends une botte je coupe l’argent en deux, c’est vrai que parfois ça ne m’apporte rien. Je regrette parce que je gaspille déjà mon boulot, mon bout de pain. Je ne savais pas qu’un jour de ma vie j’allais me retrouver là, c’est probablement la punition que m’a infligée le Bon Dieu », a-t-il confessé, avant de conduire les policiers tout droit vers le domicile de son fournisseur, situé au quartier Odimba.
Des ramifications présumées s’étendant jusqu’au Congo
L’effet de surprise a permis aux agents de mettre la main sur le supposé cerveau de la bande, Jacques Moubila Mabounda, en possession d’un stock supplémentaire. « Quand on a attrapé le petit avec une cuisse de chanvre, ils sont venus chez moi et m’ont attrapé avec neuf autres. C’est un frère que je ne connais pas qui m’a remis ça à Libreville », s’est-il justifié dans un premier temps. Il a affirmé avoir acquis une cargaison totale de cinquante-deux pieds pour une somme de 100 000 FCFA auprès d’une connaissance faite au port de Libreville.
Les deux hommes semblant regretter leur sale besogne
Cependant, les procès-verbaux de l’Ocad dressent un tableau bien différent. Selon les éléments de l’enquête, l’homme de 48 ans ferait acheminer la marchandise illicite depuis le Congo, au gré de voyages fréquents. Ce « tabac Congo », également appelé liamba, transiterait par le Port-Môle de Libreville avant de rallier Port-Gentil. « Quand le petit venait, je vendais la cuisse au passage à 20 000 FCFA, 19 000 FCFA ou même 15 000 FCFA. L’autre plaquette, c’est pour me faire bander comme je souffre de faiblesses sexuelles », a fini par admettre le quinquagénaire.
La valeur marchande des cinquante cuisses écoulées est estimée à près d’un million six cent mille francs CFA. Au terme de leur garde à vue, les deux hommes ont été présentés au parquet de la République et placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt du Château, le lundi 27 avril en début d’après-midi.
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