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Chambres parlementaires

Rentrée parlementaire au Gabon : décentralisation au Sénat et urgence sociale à l’Assemblée nationale

Rentrée parlementaire au Gabon : décentralisation au Sénat et urgence sociale à l’Assemblée nationale
Rentrée parlementaire au Gabon : décentralisation au Sénat et urgence sociale à l’Assemblée nationale © 2026 D.R./Info241

Les deux chambres du Parlement gabonais ont officiellement fait leur rentrée ce lundi 2 mars, marquant l’ouverture très attendue de la première session ordinaire. À l’heure où le pays navigue à travers d’importants défis institutionnels et économiques, les présidents respectifs ont décliné des feuilles de route particulièrement denses. Si la chambre haute entend se réinventer pour s’ancrer davantage dans les territoires, la chambre basse a résolument placé les angoisses quotidiennes des citoyens au centre de son action.

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Du côté de la chambre haute, la présidente de l’institution, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume, a solennellement ouvert les travaux de cette sixième législature. D’emblée, l’agenda législatif s’annonce chargé puisque vingt-et-un textes hérités du Sénat de la Transition demeurent en instance d’examen. Ce volume de travail, réparti entre quatorze projets de loi et sept propositions de loi, témoigne de la continuité de l’effort normatif que les sénateurs devront absorber dans les semaines à venir.

Une stratégie en cinq axes pour moderniser l’institution

Mais la présidence ne compte pas s’arrêter à la simple gestion des affaires courantes. Son ambition affichée est de hisser l’institution au rang de « garant institutionnel de la décentralisation effective ; un acteur crédible de l’évaluation des politiques publiques et une institution moderne au service de la Nation » . Pour y parvenir, cinq axes stratégiques ont été définis, allant de la consolidation du rôle du Sénat comme référence en matière de décentralisation, au renforcement de l’initiative législative, en passant par l’amélioration de la gouvernance interne et une communication institutionnelle accrue.

Photo de famille au Sénat

C’est dans cette logique de proximité territoriale qu’un forum inédit sera prochainement organisé pour formaliser le dialogue entre le Sénat et les collectivités locales. L’objectif est de s’assurer que le transfert de compétences de l’État vers les territoires s’accompagne d’une réelle capacité d’absorption matérielle et financière. « Il sera question d’esquisser le nouveau cadre de concertation et d’échanges périodiques entre notre institution et les collectivités locales », a précisé la présidente. En outre, devant un parterre d’autorités incluant le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le Sénat s’est engagé à réfléchir aux solutions durables concernant le délicat conflit homme-faune.

L’Assemblée nationale face au front social et éducatif

Au palais Léon-Mba, l’atmosphère de cette quatorzième législature était résolument tournée vers les urgences du quotidien. Le président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, a placé la question sociale au cœur absolu de ses priorités parlementaires, sous le regard attentif du vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, et de plusieurs membres du gouvernement. Éducation, vie chère, emploi ou encore accès à l’eau et à l’électricité constituent désormais la toile de fond des travaux de la chambre basse.

Le président de l’Assemblée nationale hier

« Au cours de la présente session, nous aborderons des questions cruciales touchant à tous les pans de notre société », a fermement souligné Régis Onanga Ndiaye. L’un des points d’orgue de cette rentrée fut l’évocation de la crise paralysant le secteur éducatif. Le président a révélé que le bureau de l’Assemblée avait déjà pris l’initiative de rencontrer les quarante-six syndicats de l’Éducation nationale. Loin de vouloir empiéter sur les prérogatives de l’exécutif, il a rappelé que cette médiation s’inscrit dans les missions constitutionnelles du Parlement qui consistent à « représenter le peuple, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques ».

Pouvoir d’achat, services de base et régulation numérique

Le président de la première chambre n’a éludé aucun sujet épineux lors de son discours solennel. Il a fustigé le chômage persistant, les difficultés d’accès aux soins, l’état alarmant du réseau routier et les inégalités sociales. Le sort des étudiants, en particulier ceux de la diaspora confrontés à des mois d’arriérés, a fait l’objet d’un plaidoyer spécifique. Régis Onanga Ndiaye a ainsi exhorté l’exécutif à concevoir un nouveau modèle de financement des bourses, afin de réduire la dépendance chronique au Trésor public et de mettre fin à la détresse de ces jeunes compatriotes.

Enfin, les insuffisances des services publics essentiels et l’espace numérique ont clôturé ce vaste tour d’horizon. Dénonçant les coupures récurrentes d’eau et d’électricité qui asphyxient l’économie et détériorent la qualité de vie, l’Assemblée a pressé le gouvernement d’adopter des mesures fortes et immédiates. Sur le plan sécuritaire et digital, l’institution s’est réjouie du projet d’ordonnance encadrant l’usage des réseaux sociaux. « Cet important outil juridique permettra à terme de réguler l’espace numérique. Car dans tout Etat de droit, toute mesure restrictive est strictement encadrée et fondée sur un socle juridique clair », a-t-il conclu, appelant ses pairs à redoubler d’engagement pour faire vivre ce contrôle parlementaire, véritable gage de maturité démocratique.

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